96% des primes énergie non versées

 

Les primes énergie s’inscrivent dans l’obligation de réalisation d’économies d’énergie que le gouvernement a imposée aux vendeurs d’énergie: Ces entreprises obligées de réaliser ces économies d’énergie  sont aussi bien les  fournisseurs d’énergie domestique (électricité, gaz, chaleur, froid, fioul domestique), que les distributeurs de carburants pour automobiles y compris les grandes surfaces. Pour remplir leurs obligations, et échapper aux amendes, ceux-ci offrent de ‘racheter’ aux particuliers leurs opérations d’économie d’énergie, mais avec plus ou moins de bonheur…

Des primes énergie rarement réclamées

Dans un rapport récent, la Cour des comptes reconnaissait  : « si la prime est bien connue des acteurs professionnels, elle ne l’est pas des particuliers. Ainsi, seuls 4 % des travaux d’isolation réalisés par les ménages font l’objet d’une prime liée aux CEE ». (CEE = Certificat d’Économie d’Énergie)

 

Pour mémoire, cette prime s’élève souvent à 300€ pour l’achat d’une chaudière performante et 400€ pour des travaux d’isolation thermique.

 

Les Certificats d’Économie d’Énergie (CEE) sont les justificatifs que les fournisseurs et distributeurs d’énergie doivent produire afin de justifier de leurs obligations de réduction des dépenses en énergie selon un objectif triennal. A l’issue de la période, les vendeurs d’énergie n’ayant pas justifié d’avoir rempli leurs obligations sont soumis à des pénalités financières de 0,2€ par kWh manquant.

 

Les fournisseurs et distributeurs d’énergie obtiennent ces certificats grâce aux actions entreprises dans leur réseau, infrastructures et équipements mais ont la possibilité d’acheter aux ménages le résultat des actions qu’ont conduit les particuliers.

 

Source :http://www.developpement-durable.gouv.fr/-Certificats-d-economies-d-energie,188-.html

 

Exemple : Un distributeur de carburant (grande surface) est tenu en 3 ans de réduire de 10 % la quantité d’énergie qu’il consomme ou distribue. Ne souhaitant pas limiter sa distribution de carburant et trouvant trop onéreux de faire des travaux sur ses infrastructures, il peut décider d’une campagne visant à capter la quantité d’énergie que ses clients ont économisée en effectuant chez eux des travaux de rénovation énergétique.

 A cet effet, il offre des bons d’achat dans son enseigne contre le certificat d’économie d’énergie du particulier. Ainsi, en engrangeant des kWh économisés par les particuliers, libellés à son compte, il justifie d’économies d’énergie et évite d’avoir à payer une amende.

 

 

La pléthore d’offres

Ainsi, les sites se sont multipliés pour attirer les particuliers et les inciter à vendre à une ou l’autre enseigne les kWh économisés car c’est le secteur du résidentiel qui est le plus grand réducteur de consommations en énergie.

Qu’il s’agisse d’une offre groupée (Dolce Vita, Bleu Ciel….), où l’installateur est intéressé par le distributeur pour ramener le maximum de kWh dans l’entreprise ou de l’offre d’un géant de la grande distribution, il suffit de se rendre sur Internet pour constater que les particuliers sont très attendus.

Dans la lettre d’information d’Avril 2015, sur le site du Développement Durable, on constate que le secteur du bâtiment résidentiel a concouru à près de 70 % à l’économie des 690,2 TWh (terra watt/heure) alors que le second secteur le bâtiment tertiaire n’affiche que moins de 14 % dans le cadre d’opérations standardisées.

 

Et des paiements divers, ou pas….

Pour attirer le particulier économe, les enseignes et les entreprises se livrent à une sérieuse concurrence en offrant soit une prime en numéraire, soit des bons d’achat dans l’enseigne de grande distribution ou dans un réseau de magasins adhérents.

Pour rassembler encore plus de kWh économisés la CLCV  (Consommation Logement Cadre de Vie) s’est même rapprochée de certains organismes afin d’assister le consommateur économe dans la perception des primes énergie car le délai (parfois de 4 mois) semble pousser à l’oubli.

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