Avant les diagnostics: concilier DPE, QAI et bruit

Conformément à l’article 14 de la loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte, un décret déterminera le niveau d’isolation acoustique des bâtiments (logements, maisons, ERP…) obligatoire à partir de 2017. C’est l’avant-dernière porte qui devrait enfin s’ouvrir vers l’obligation du diagnostic bruit dont on parle déjà beaucoup. Les bilans des diagnostic bruit, diagnostic QAI (Qualité de l’Air Intérieur) et isolation thermique obligatoire dans le DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) doivent donc être pensés dès la mise en projet de la construction ou de la rénovation ; mais on l’a vu avec l’affaire du diagnostic QAI dans les écoles et crèches, l’étanchéité à l’air du BBC et ventilation ne font pas bon ménage alors qu’il est déjà question d’intégrer le QAI dans le DPE. Si on y rajoute l’isolation phonique, la rénovation et la construction peuvent être un casse-tête. C’est pour cela qu’un guide technique est désormais disponible.

 

Les critères d’étanchéité à l’air du BBC

Rappelons que toute nouvelle construction ou rénovation importante doit désormais satisfaire aux critères d’étanchéité à l’air de la norme BBC en raison de l’obligation d’application de la RT2012.

En neuf : 0,6 m3/h par m² à 4 Pa pour la maison individuelle et 1 m3/h par m² à 4 Pa pour les logements collectifs.

En rénovation, si aucune valeur cible n’est donnée, le résultat doit être inférieur à celui utilisé pour le calcul de la performance énergétique, donc l’étanchéité à l’air doit dans tous les cas être améliorée.

Pour mémoire, l’étanchéité à l’air se mesure par le test d’infiltrométrie à la porte soufflante réalisé par un opérateur agréé (diagnostiqueur immobilier certifié notamment).

Or, qui dit maison étanche ou relativement étanche, dit également une carence possible en aération ou en ventilation ce qui nuit à la Qualité de l’Air Intérieur dont le diagnostic QAI est déjà obligatoire dans certains secteurs de la construction.

 

Les critères de la QAI

Radon, humidité, Oxyde de carbone pour les sources naturelles dégradant la QAI mais aussi benzène, formaldéhydes, ozone, toluène, xylène pour des sources artificielles (dégagement de vapeurs des matériaux, revêtements et mobiliers, utilisation d’appareils, photocopies, etc…) sont des polluants organiques et/ou chimiques qui nuisent au confort et font peser un risque sur la santé des occupants (certains sont même classés cancérogènes).

En fonction de chaque polluant des valeurs guides de concentration maximale dans l’air intérieur sont récapitulées dans la fiche Valeurs guides sanitaires (VGAI) et valeurs de gestion de la QAI publiée par l’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur.

Pour mémoire le risque radon fait déjà partie de l’ERNMT.

 

L’isolation phonique et le bruit

Parce qu’il est une nuisance à l’habitat, le bruit fait déjà l’objet d’un diagnostic acoustique avec déjà dans les projets de l’inclure dans les diagnostics obligatoires avant-vente et avant location.

Pour mémoire, le diagnostic acoustique porte sur les différents bruits suivants :

  • Bruits aériens extérieurs,
  • Bruits aériens intérieurs,
  • Bruits d’impact,
  • Bruits d’équipement,
  • Réverbération des circulations communes.

Avec un classement en fonction d’un des 4 niveaux de perception sonore :

► A : état proche de la conformité aux exigences réglementaires du neuf actuel,

► B : état moyen, fonction remplie, présentant des restrictions d’usage,

► C : mauvais état, fonction partiellement remplie,

► D : insalubre.

Or si combiner isolation, thermique, isolation phonique et étanchéité à l’air peut se concevoir à grands renforts d’épaisseurs d’isolants performants, ceux-ci nuisent à la ventilation et à l’aération indispensable à la préservation de la Qualité de l’Air Intérieur (QAI). C’est pourquoi, avant que le problème ne devienne insoluble lors des mesures à l’occasion des diagnostics immobiliers, l’ADEME a publié ce Guide technique et opérationnel à destination des conseillers en rénovation énergétique qui permet d’appréhender les problématiques pour envisager une approche globale conciliant les différentes exigences de l’habitat moderne. Le guide peut être téléchargé gratuitement en suivant ce lien.

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