Le Passeport Efficacité énergétique prend forme


Après plus d’un an de réflexion et de développement, le groupe de travail « The Shift Project » annonce enfin le lancement du Passeport Efficacité énergétique pour les logements. Le dispositif sera testé dans quelques régions et grandes villes très prochainement.

Le Passeport Efficacité énergétique : de quoi s’agit-il ?

 

À une période clé où la transition énergétique constitue un réel enjeu national, le groupe de réflexion « The Shift Project », en partenariat avec Effinergie, dévoile un outil censé faciliter la réduction de la consommation d’énergie des logements. L’outil en question, baptisé Passeport efficacité énergétique, est en réalité un document dématérialisé destiné à être rattaché à chaque logement français. Présenté le 30 septembre 2014 devant un parterre de professionnels du bâtiment, de représentants des collectivités et des institutions gouvernementales, le passeport efficacité énergétique des bâtiments se présente sous la forme d’un document hébergé dans un portail internet, où il peut être modifié et mis à jour selon les travaux de rénovation effectués sur le logement auquel il est attaché.

 

Le passeport efficacité énergétique constitue en effet un véritable « carnet de santé numérique qui informe sur les caractéristiques détaillées du logement, l’historique des travaux et les projets de travaux des ménages, même ceux qui n’ont aucun lien avec l’amélioration de la performance énergétique du bien. Son contenu se veut diversifié et complet. S’y trouvent notamment l’état général du bien, la nature des travaux engagés, le confort global du logement, sa valorisation estimative après les travaux, les plannings des travaux, leur financement ainsi que des photographies, des plans et des maquettes 3D de la construction.

 

La réalisation du Passeport efficacité énergétique en pratique

 

Par son caractère collaboratif et évolutif, le passeport santé nécessite l’intervention de plusieurs corps de métiers, entre autres les diagnostiqueurs immobiliers, les agents, les architectes, ingénieurs et autres professionnels participant à la vie du logement. Ces professionnels interviennent au moment de l’élaboration du premier “carnet de santé énergétique” d’un logement, puis participent au fur et à mesure à l’enrichissement des informations sur le même bien, au gré de leurs interventions.

 

Seuls ces auditeurs professionnels sont habilités à dresser la première mouture du Passeport efficacité énergétique d’un bien. Cette première version s’obtient à la suite d’un audit initial, sous forme d’une visite technique de 2 heures, suivi de la réalisation proprement dite du passeport pendant 2 heures. La demi-journée nécessaire à l’élaboration du premier passeport sera facturée 400 € au propriétaire du logement. Les différentes mises à jour et le pré-diagnostic seraient néanmoins gratuits, selon les initiateurs du projet. Ces données permettront au propriétaire de suivre l’impact des travaux engagés sur l’efficacité énergétique de son logement et d’en mesurer ainsi les bénéfices. Ces informations ont également valeurs de statistiques utiles aux pouvoirs publics et bénéfiques pour les échanges entre les professionnels et le ménage concerné.

 

Un déploiement très attendu

 

Le carnet numérique du Shift Project entamera une période de test d’une durée indéterminée à partir du 30 octobre 2014. Les tests se dérouleront essentiellement dans les régions Midi-Pyrénées, Alsace, Franche-Comté et Aquitaine, ainsi que dans différentes grandes agglomérations, dont Paris. Cette première évaluation devrait permettre de mesurer l’impact réel du passeport efficacité énergétique sur le suivi des travaux de rénovation et leurs conséquences sur les performances énergétiques et le confort de chaque logement.

Cette période de test servirait également à évaluer l’adhésion de la population à ce projet, qui, faut-il le rappeler, fait partie d’un ensemble de dispositifs visant la rénovation total du parc immobilier de la France à l’horizon 2050. Le Passeport efficacité énergétique semble en tout cas bien parti pour jouer les premiers rôles dans cette transition, surtout s’il devient obligatoire pour les constructions neuves au 1er janvier 2017 et pour les logements rénovés au 1er janvier 2025, comme le souhaite le chef du Shift Project, Brice Mallié.

 

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