Le plomb : bête noire des habitations en France

Une étude menée conjointement par l’EHESP et le CSTB révèle la présence de plomb dans les logements en France. Le ministère de la Santé recommande certaines habitudes pour limiter les risques auxquels les occupants sont exposés.

 

Une étude pour évaluer la présence du plomb

 

D’octobre 2008 à août 2009, l’EHESP ou École des Hautes Études en Santé Publique et le CSTB ou Centre Scientifique et Technique du Bâtiment ont réalisé une étude sur la présence de plomb dans les logements français. Cette enquête est prévue pour permettre de déterminer le niveau d’exposition et les risques représentés pour la santé des enfants. Pour cela, ces instituts en ont vérifié la teneur notamment dans la peinture et les parties communes dans 484 foyers, comprenant des enfants âgés entre 6 mois et 6 ans. Après quoi, les résultats obtenus ont été portés sur l’intégralité du parc français. Le rapport paru récemment dans Environmental research a démontré que l’on trouve une concentration importante de ce métal lourd dans de nombreuses habitations.

 

Les éléments pointés du doigt

 

A partir du 1er janvier 2013, la commission européenne fixera le seuil maximal de plomb présent dans l’eau à 10μg/L. Or, la teneur trouvée dans l’eau courante dans 105 000 logements sur un total de 3,6 M observés dépasse cette valeur. Selon cette étude, le problème concerne également la peinture. Même si elle est interdite en France depuis 1948 et fait l’objet d’un diagnostic précédant toute installation dans le logement, la peinture au plomb est toujours utilisée dans 878 000 habitations. De plus, elle est dégradée dans 170 000 d’entre elles. Autre point préoccupant, la poussière contient elle aussi une concentration supérieure aux normes fédérales américaines, tout comme la terre utilisée dans les aires de jeux. Ces espaces, au nombre de 37 000, présentent une teneur au-dessus de la limite imposée aux États-Unis. En savoir plus sur le diagnostic plomb.

 

Les dangers pour la santé

 

Les risques présentés par le plomb sont réels pour tout le monde. Selon le ministère de la Santé, il peut être à l’origine d’anémie ou encore d’hypertension artérielle chez l’adulte. À partir d’une teneur de 100 µg/l de sang, l’une des conséquences majeures chez l’enfant et surtout les nourrissons est le saturnisme. Les deux instituts ont tenu à préciser que le risque existe en dessous de cette limite. Des rénovations peuvent donc être préconisées pour le logement si l’on estime la concentration trop élevée. Les particuliers peuvent bénéficier d’une aide de l’ANAH ou Agence Nationale d’Amélioration de l’Habitat pour financer les travaux. Pour le quotidien, le ministère conseille de garder les enfants à distance de la peinture au plomb dégradée, mais aussi de se laver les mains fréquemment. Il recommande également d’adopter une alimentation équilibrée.

 

Ecole des hautes études en santé publique

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