Qualité de l’Air Intérieur (QAI) un pré-diagnostic

Même après l’intégration du diagnostic QAI dans le DPE (Diagnostic de Performance Énergétique), les bâtiments neufs ou rénovés resteront des points noirs au niveau des concentrations en polluants. Peintures, revêtements et colles mais aussi mobilier et aménagements sont bien souvent encore beaucoup trop générateurs de vapeurs nocives. Le pré-diagnostic QAI a la livraison est une excellent moyen de savoir si les locaux neufs ou rénovés sont habitables sans crainte.

 

En attente de la QAI dans le DPE

Notre article faisait état de la probable intégration d’un diagnostic QAI (Qualité de l’Air Intérieur) dans le DPE, que celui-ci soit fait pour vendre ou pour louer un logement. Mais, même si le projet est adopté, il faudra sûrement attendre pour cela la parution de la prochaine Réglementation Thermique (RT2020). De plus, pour les constructions neuves mais aussi pour les rénovations et notamment en immobilier tertiaire (bureaux, commerces…), ce DPE ne sera pas forcément obligatoire.

Pourtant, ce sont ces bureaux et locaux commerciaux qui abritent de nombreuses personnes restant exposées 7 à 8 heures par jour voire plus à des atmosphères plus ou moins confinées et souvent chargées en polluants aérosols. COV (Composés Organiques Volatils), formaldéhyde, benzène, ozone, solvants…la liste est longue. Si l’efficacité et la concentration des occupants est menacée, ce qui nuit à la productivité, leur santé l’est aussi ce qui (outre le risque sanitaire individuel limitant leur espérance de vie) génère de l’absentéisme nuisible à la rentabilité de la structure.

 

De l’air, oui mais pur SVP

Aérez ! Rappellent à nouveau les Assises de la QAI et le ministère concerné. Mais en immobilier neuf ou rénové, l’usage des locaux et logements réclame du chauffage et une étanchéité à l’air incompatibles avec une bonne évacuation des polluants avec en plus en zone urbaine notamment le risque que le bruit et la pollution de l’air extérieur deviennent à leur tour nocifs.

Aérer en ouvrant toutes les ouvertures pendant quelques jours, semaines ou mois de locaux neufs ou rénovés en attendant que toutes les émanations des colles, peintures, revêtements et constituants du mobilier est impossible tant au point de vue de la sécurité (risques d’effraction) que de la propreté (dépôt de suies et poussières extérieures, précipitations….). De plus, peu d’entreprises peuvent se permettre d’attendre quelques mois que tous les polluants intérieurs se soient évacués de locaux flambant neuf pour les ouvrir à ses employés et au public.

 

Un diagnostic et un protocole QAI

L’association HQE – France GBC qui est reconnue d’utilité publique depuis 2004, conduit des travaux pour que la mesure de la qualité de l’air intérieur soit adoptée comme pratique courante.

Pour les bâtiments neufs ou rénovés, elle a élaboré un protocole d’évaluation et de mesure de la qualité de l’air intérieur qui s’effectue avant que les occupants ne prennent ou reprennent l’usage des locaux. Tous les polluants sont alors mesurés aussi bien les polluants extérieurs (dioxyde d’azote, benzène, particules fines, radon) que ceux d’origine intérieure (formaldéhyde, COV, monoxyde de carbone).

Ce contrôle effectué avant réception des locaux neufs ou rénovés permet d’offrir aux occupants une qualité de l’air intérieur satisfaisante. A cet effet, afin de prendre les mesures en amont de la construction ou de la rénovation, un guide pratique est en cours de finalisation pour favoriser l’évaluation ; de plus, afin de vérifier que la qualité de l’air intérieur reste satisfaisante tout au long de l’occupation des locaux, le groupe de travail QAI de l’Association HQE va publier d’ici la fin de l’année un protocole pour l’évaluation de la QAI des bâtiment en exploitation.

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