In Diagnostic Electrique

Tarif et consommation en électricité, des courants contraires

Les consommateurs d’électricité, c’est à dire nous tous, avons de quoi perdre tout repère face aux politiques en vigueur aussi bien des tarifs de l’électricité que des incitations à la réduction des consommations. D’un côté le tarif du kWh même réglementé est à la hausse et de l’autre la réglementation environnementale va promouvoir la pose et l’utilisation des radiateurs grille-pains que l’on croyait disparus. Quel que soit son niveau de consommation électrique, il est temps de le réduire y compris dans les maisons modernes même BBC et dans les futures pourtant dites passives ou à énergie positive quel que soit son DPE.

 

La flambée du prix de l’électricité pour laisser marger la concurrence ?

C’est d’une part ce qui été dénoncé par Monsieur Christophe Ramaux, membre des Économistes atterrés sur le plateau de France3. Selon lui, cette hausse des tarifs (y compris et surtout le tarif réglementé) sert à faire payer le consommateur afin de « laisser de la marge à ces opérateurs privés ». Pour mémoire, ainsi qu’il le rappelle également « EDF est obligée de verser 25% de sa production nucléaire à des opérateurs privés qui se gavent ». Mais dans un marché fortement concurrentiel, les offres alléchantes de certains opérateurs privés ne leur permettraient plus de faire suffisamment de bénéfice face au tarif réglementé. Alors on augmente celui-ci au détriment du consommateur qui se croyait protégé par ce tarif réglementé destiné entre autres à préserver le confort et le pouvoir d’achat des foyers à revenus modestes.

 

L’étonnante promotion du retour aux radiateurs à convection

On les croyait fort heureusement disparus ces radiateurs dits grille-pains bien connus pour être des gouffres en électricité sans réellement apporter de confort. Ces radiateurs à convection naturelle que toutes les constructions récentes ont abandonnés en raison de leur très faible rendement énergétique semblent vouloir réapparaître au grand dam des thermiciens, diagnostiqueurs immobiliers et des consommateurs qui paieront les factures d’électricité.

Comment peut-on laisser revenir et promouvoir à nouveau le chauffage tout électrique à l’aide d’appareils si énergivores ? Par un tour de passe-passe du CEP (Coefficient d’Énergie Primaire) qui risque d’être inclus dans la Réglementation Environnementale (RE2020) qui succédera bientôt à la RT2012.Source Batiactu

 

A savoir : Le CEP permet de calculer le rendement énergétique d’un type d’énergie dans le calcul du DPE. Ce coefficient est beaucoup moins favorable à l’électricité qu’à d’autres énergies car il est depuis les années 70 fixé à 2,58 c’est à dire qu’on considère que pour produire1 kWh de chaleur par exemple il faut consommer 2,58 kWh d’électricité.

 

En abaissant à 2,1 le coefficient (CEP) de l’électricité, on favoriserait le retour en force du chauffage électrique même avec des convecteurs ‘grille-pains’ que l’on a bannis de tous nos intérieurs. Ainsi, si une maison neuve aujourd’hui obligatoirement classée en Bâtiment Basse Consommation (BBC) ne peut être équipée de tels radiateurs, demain une maison neuve (BBC ou BePos) pourrait l’être.

 

Favoriser la consommation d’électricité tout en éradiquant les passoires énergétiques

Non seulement l’abaissement à 2,1 du CEP de l’électricité permettrait un retour en force du chauffage électrique sans abaisser la classe énergie du DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) mais il permettrait également d’éliminer les passoires énergétiques du parc immobilier résidentiel.

Normal puisqu’actuellement les logements classés au plus bas du DPE sont le plus souvent des habitats mal isolés et pourvus d’anciens convecteurs obsolètes. Il suffit d’abaisser le CEP de l’électricité pour que la classe DPE d’un même logement fasse un bond spectaculaire en gain de classe énergie.

 

Avec un CEP de l’électricité à 2,1 il n’y aurait quasiment plus de logements en classes F et G (les plus mauvaises du DPE) donc plus officiellement de passoires énergétiques en France. Ainsi les engagements de rénovation énergétique du parc immobilier seraient tenus juste avant de surcroît que le DPE ne devienne opposable (2020).

 

 

 

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