Sur cette page
- MaPrimeRénov’ : une aide, trois parcours
- Les certificats d’économies d’énergie (CEE)
- L’éco-PTZ : emprunter sans intérêts
- La TVA réduite à 5,5 %
- Loc’Avantages pour les bailleurs
- Financer le reste à charge : le prêt avance mutation et le PAR+
- Défiscalisation : le dispositif Denormandie
- Gare aux arnaques à la rénovation énergétique
Un DPE médiocre ou un audit énergétique qui chiffre les travaux à plusieurs dizaines de milliers d’euros : la question qui suit est toujours la même, comment financer la rénovation ? Bonne nouvelle, la plupart des aides se cumulent. Voici le panorama des dispositifs en vigueur.
1. MaPrimeRénov’ : une aide, trois parcours
MaPrimeRénov’ est l’aide principale de l’État, versée par l’Anah et calculée selon les revenus du ménage. Elle se décline en trois parcours :
- le parcours par geste, pour un ou plusieurs travaux ciblés : remplacement du chauffage ou de la production d’eau chaude par un équipement décarboné (pompe à chaleur, solaire, poêle à bois, raccordement à un réseau de chaleur) ou isolation de la toiture, des combles ou des parois vitrées. Depuis le 1er janvier 2026, les chaudières biomasse et l’isolation des murs en sont exclues, et ce parcours est réservé aux ménages très modestes, modestes et intermédiaires ;
- le parcours accompagné, pour une rénovation d’ampleur. Réservé depuis 2026 aux logements classés E, F ou G construits depuis plus de 15 ans, il vise un gain d’au moins deux classes au DPE et doit inclure au moins deux gestes d’isolation. Il impose un audit énergétique et le recours à Mon Accompagnateur Rénov’, en contrepartie d’une prise en charge nettement plus élevée, majorée en cas de sortie du statut de passoire thermique ;
- le parcours Copropriété, pour les travaux de rénovation énergétique sur les parties communes, porté par le syndicat des copropriétaires.
2. Les certificats d’économies d’énergie (CEE)
Les fournisseurs d’énergie « obligés » financent des primes (souvent appelées « prime énergie ») pour presque tous les travaux d’économies d’énergie : isolation, chauffage, régulation. Ces primes CEE sont cumulables avec MaPrimeRénov’, mais elles doivent impérativement être demandées avant la signature des devis.
3. L’éco-PTZ : emprunter sans intérêts
L’éco-prêt à taux zéro finance les travaux de rénovation énergétique sans condition de ressources et sans intérêts : jusqu’à 50 000 € remboursables sur 20 ans pour une rénovation globale, de 7 000 à 30 000 € sur 15 ans au maximum pour des travaux par action. Une déclinaison dédiée, l’éco-PTZ « MaPrimeRénov’ », permet de financer précisément le reste à charge des dossiers acceptés par l’Anah.
4. La TVA réduite à 5,5 %
Les travaux d’amélioration de la performance énergétique (et les travaux induits qui leur sont liés) bénéficient d’une TVA à 5,5 % dans les logements achevés depuis plus de deux ans. L’entreprise applique directement ce taux réduit sur sa facture : aucun dossier à monter.
5. Loc’Avantages pour les bailleurs
Loc’Avantages accorde une réduction d’impôt aux propriétaires qui louent leur logement en résidence principale à un loyer inférieur aux prix du marché, dans le cadre d’une convention avec l’Anah. Plus la décote de loyer est forte, plus la réduction est élevée. Le logement doit être classé au moins E au DPE (au moins D pour les baux conclus à partir de 2028), ce qui exclut les passoires F et G tant qu’elles ne sont pas rénovées : ce dispositif est donc un allié naturel d’une rénovation énergétique avant mise en location.
6. Financer le reste à charge : le prêt avance mutation et le PAR+
Même aides déduites, le reste à charge d’une rénovation d’ampleur peut rester dissuasif. C’est le rôle du prêt avance mutation (PAM) : un prêt hypothécaire qui finance le reste à charge des travaux, en complément des aides comme MaPrimeRénov’, et dont le capital n’est remboursé qu’à la « mutation » du bien, c’est-à-dire lors de sa vente ou de sa succession. Pendant toute la durée du prêt, l’emprunteur ne rembourse que les intérêts, soit une charge mensuelle minime : de l’ordre de 37 € par mois pour 30 000 € empruntés à 1,5 %.
Ce mécanisme s’adresse d’abord aux propriétaires âgés ou aux ménages modestes, auxquels les banques refusent souvent un crédit classique, et qui n’envisagent pas de mobiliser leur capital immobilier pour un autre achat. Depuis septembre 2024, la loi de finances 2024 l’a rendu bien plus attractif en créant le prêt avance mutation ne portant pas intérêt, dit PAR+ : jusqu’à 50 000 € à taux zéro pendant les dix premières années, garanti par l’État à hauteur de 75 %. Il est réservé, sous conditions de ressources, aux ménages modestes et très modestes, pour leur résidence principale achevée depuis plus de deux ans. Le principal frein du PAM (payer des intérêts pour des travaux dont on ne verra pas toujours le bénéfice) est ainsi levé.
7. Défiscalisation : le dispositif Denormandie
Prorogé jusqu’à fin 2027 et élargi aux copropriétés en difficulté, le dispositif Denormandie accorde une réduction d’impôt à l’investisseur qui achète un logement ancien à rénover, dans les communes éligibles, pour le mettre ensuite en location longue durée. Les travaux doivent représenter au moins 25 % du coût total de l’opération.
Sa particularité est le gain énergétique contrôlé : pour bénéficier de la défiscalisation, le propriétaire s’engage sur une amélioration contractuelle de la performance énergétique : un gain d’au moins 30 % de la consommation initiale du logement pour une maison individuelle. Ce gain est vérifié par deux diagnostics : le DPE réalisé avant la vente sert de base de calcul, et un nouveau DPE après travaux valide l’objectif atteint. Pour de nombreux logements, ces 30 % représentent un saut d’une, voire de deux classes énergie.
8. Gare aux arnaques à la rénovation énergétique
Retenez une règle simple : depuis la loi du 24 juillet 2020, le démarchage téléphonique est interdit en matière de rénovation énergétique. La loi du 30 juin 2025 étend cette interdiction aux SMS, courriels et réseaux sociaux à compter du 11 août 2026. Tout appel ou message non sollicité vous proposant des travaux, un « audit gratuit » ou des aides est donc illégal : raccrochez. De même, aucune administration (Anah, mairie, fournisseur « mandaté ») n’envoie de démarcheur à domicile pour des travaux ou un DPE. Ne signez jamais le jour même, exigez un professionnel RGE pour les travaux et un diagnostiqueur certifié pour les DPE et audits. Pour reconnaître les procédés les plus courants, consultez notre article sur les escroqueries et arnaques en diagnostics immobiliers.
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