In Diagnostic immobilier

L’hiver arrive ! Non ce n’est pas qu’une citation d’une série télévisée mais aussi un constat que nous faisons chaque année. Hiver donc baisse des températures, chauffage et cocooning. Mais, bien que le programme puise être plaisant, hormis pour ceux qui vivent dans une passoire énergétique (classe D ou en-dessous du DPE), la conjonction de ces trois éléments est assez défavorable aussi bien pour notre santé que pour notre sécurité. Emanations de gaz et surcharges électriques sont un risque pour notre sécurité pendant que confinement par manque d’aération augmentent la dégradation de la QAI (Qualité de l’Air Intérieur) par l’humidité, les moisissures et le radon. Même avec des bilans de diagnostics immobiliers favorables, chacun doit être vigilant et s’assurer de respecter certaines mesures impératives.

Le chauffage par combustion au gaz, au bois, charbon et autres…

Tout emploi d’un combustible de chauffage génère des gaz de combustion (monoxyde de carbone notamment) mais aussi de l’humidité. Le carbone et l’eau sont présents dans chacun des combustibles employés couramment pour chauffer nos logements et se dégagent y compris dans notre air intérieur lors de leur combustion. Même avec un foyer fermé, même avec des granulés, alors que les émissions paraissent réduites par rapport à certains autres combustibles ou systèmes de chauffage, des émanations sont émises. C’est d’ailleurs pourquoi lors du diagnostic gaz, le diagnostiqueur immobilier est tenu de s’assurer que les aérations réglementaires haute et basse sont efficientes dans chacune des pièces où un appareil au gaz est installé. La concentration possible de gaz due à une fuite mais surtout celle possible en monoxyde de carbone issu de la combustion sont des dangers pour les occupants (intoxication au monoxyde de carbone ou au gaz) voire pour le voisinage (explosion due au gaz). S’il n’y a pas (encore) de diagnostic cheminée ou poêle à bois, c’est parce que les fabricants et installateurs sont tenus d’appliquer certaines normes visant à éviter que les gaz de combustion ne se dispersent dans les pièces. Toutefois, il faut être vigilant aussi bien pour notre santé que pour celle de l’environnement à éviter autant que possible les feux lents dans lesquels le bois charbonne (combustion sans flamme) et disperse le plus de particules fines dans l’atmosphère. Pour mémoire, il a été un temps (et il sera sûrement encore) question d’interdire les cheminées à foyer ouvert dans les villes afin de réduire le taux d’émanation de particules qui obscurcissent et empoisonnent l’air extérieur et qui n’apportent aucun ou peu pas de ‘plus énergétique’ lors du DPE.

Une attention particulière est réclamée à tous ceux qui emploient les petits chauffages d’appoint au pétrole désaromatisé. Il s’agit bien souvent de personnes aux revenus modestes qui voient dans ces petits appareils un appoint calorifique moins onéreux en apparence qu’une installation de chauffage ancienne et peu performante (convecteurs électriques, chauffage central archaïque…). Certains de ces appareils à bas coût et certains de leurs combustibles les moins onéreux diffusent dans l’air intérieur des fumées, des gaz et beaucoup d’humidité. Le moindre mal de tête, la moindre gêne respiratoire doivent alors immédiatement faire arrêter un tel chauffage, sortir faire respirer tout le monde (et surtout les enfants) à l’extérieur puis aérer en grand l’intégralité du logement. En cas de malaise, il ne faut pas hésiter à appeler les secours car une intoxication doit être traitée puisqu’elle peut avoir des effets plus importants sur l’organisme que les seuls symptômes immédiats.

Electricité, attention aux surcharges

Grâce à Linky (le compteur électrique dit ‘intelligent’), il est devenu impossible pour les abonnés de consommer davantage d’ampérage que leur abonnement le leur permet alors que les anciens compteurs toléraient une marge de dépassement. Inconfortable pour certains voire inadmissible pour d’autres, ce type de compteur trouve (enfin) son avantage dans cette sécurité de ne pouvoir surcharger une installation électrique. Malgré tout, même avec Linky, le risque de surcharge partielle d’une installation est possible notamment en branchant via des multiprises ou directement trop d’appareils sur un même circuit. Les tableaux électriques reconnus adéquats lors du diagnostic électricité ont pour certains une différenciation de circuit d’éclairages et de prises qui doit être respectée. Ainsi brancher un radiateur électrique (1 000 W à 3 000 W voire plus) sur une prise dédiée à l’éclairage est une aberration tout comme brancher plusieurs radiateurs ou appareils de forte puissance sur une même prise domestique dont le faisceau n’est pas dimensionné pour cette consommation. Si un disjoncteur fait son travail de protection de surintensité, il est indispensable d’en tenir compte et de répartir autrement les branchements. Bloquer ou shunter un disjoncteur c’est prendre le risque d’une fonte du faisceau à l’intérieur d’une cloison ou d’une gaine et déclencher un départ de feu.

Humidité et radon

La préservation de la QAI (Qualité de l’Air Intérieur) passe bien sûr par le choix des éléments et composants que l’on introduit chez soi (détergents, ameublement, décoration, etc…voir l’étiquette QAI) mais aussi par ce que l’on fait chez soi et comment on le fait. En hiver, alors que l’on chauffe son logement, on rechigne un peu plus que d’habitude à l’aérer et faire entrer chez soi de l’air froid et parfois pollué (particules fines notamment). De là, stagnent notamment les gaz issus de la combustion éventuelle des systèmes au gaz, au bois, au fioul, au charbon….mais aussi l’humidité que dégage toute combustion. Qui dit humidité dit d’abord inconfort (sensation de froid) mais aussi dégradation des murs, mobiliers et revêtements, prolifération de moisissures, champignons (mérule), insectes (termites, capricornes….) et allergènes. En plus, et bien plus encore pour les zones à forte émissivité en radon (voir l’ERP ex-ESRIS) ainsi que pour ceux qui accumulent pierres et granits chez eux, le manque d’aération provoque une augmentation de la concentration en radon.

Alors même s’il fait froid, même si on n’a pas (fort heureusement) arrêté la VMC, ni (bien évidemment) calfeutré les bouches d’aération de son logement, il est indispensable d’aérer chaque logement pendant au moins 10 minutes chaque jour quelle que soit la météo. Même s’il pleut dehors, le taux d’humidité dans une pièce est bien souvent supérieur à celui de l’extérieur sauf en cas de brouillard dense.

 

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