Dans cet article
Face au bilan alarmant sur l'extension des infestations par termites et autres insectes xylophages, ainsi que sur la prolifération des mérules et autres champignons lignivores, il est bon de rappeler aux propriétaires de biens immobiliers les bonnes mesures à prendre pour prévenir ces risques — dès la construction, mais aussi lors de travaux d'extension ou de rénovation. Et au cas où la prévention n'a pas suffi, quel est le coût d'un traitement et faut-il l'envisager ?
Des infestations qui progressent
Selon deux infographies présentées par le CTBA+ (termites et mérules), ce sont plus de 3 900 communes qui sont en zone d'infestation par les termites et plus de 2 200 qui sont concernées par le risque de prolifération de mérules. En 10 années ou moins, les études montrent que l'infestation par termites a atteint 700 communes jusqu'alors épargnées et que, pour les mérules, ce sont 1 790 communes nouvelles qui ont été identifiées comme infestées. Et la progression s'est poursuivie depuis.
Le risque termites fait partie de l'état parasitaire (diagnostic termites associé à la recherche de mérules), obligatoire avant la vente d'un bien immobilier dès lors que celui-ci est implanté sur une commune où le risque a fait l'objet d'un arrêté préfectoral signalant l'infestation. Pour la mérule, en revanche, il n'existe pas de diagnostic obligatoire : dans les zones délimitées par arrêté préfectoral, vendeur et agent immobilier sont seulement tenus d'informer l'acquéreur d'une infestation actuelle ou passée.
Termites : la prévention dès la construction
La lutte contre le risque termites comprend d'abord un volet préventif : obligation pour les constructeurs de traiter les bois et matériaux à base de bois avant leur intégration dans la construction, mais aussi d'appliquer des barrières physiques et/ou physico-chimiques isolant le bâti du sol. Cette obligation vaut dans les zones d'infestation définies par arrêté préfectoral ; hors de ces zones, au vu de la rapidité d'extension, il est prudent de faire réaliser ce traitement à la construction, car qui sait si dans les années suivantes les termites n'auront pas colonisé le terrain.
Le surcoût de la prévention est dérisoire : environ 4 heures de travail supplémentaire pour une construction de 120 m², soit de l'ordre de 500 € à 1 000 € en produits et temps de pose, ramené à l'ensemble de la construction.
La pose préventive : traiter le bois et respecter les DTU
Contre les insectes comme contre les champignons lignivores, deux types de précautions sont à prendre lors de la construction et de tous travaux postérieurs (bricolages, ajouts, extensions, réparations…) :
- traitement préventif : selon le bois, il peut s'agir d'un traitement xylophage par étuvage et traitement en autoclave et/ou de l'application de produits fongicides. Les bois ainsi traités sont répartis en classes d'emploi selon leur capacité à être ou non placés dans des lieux humides, avec ou sans contact avec le sol (norme NF EN 335) ;
- pose préventive : des règles de protection des bois sont à respecter par les professionnels mais aussi par les particuliers bricoleurs. Avant tout chantier, y compris d'ajout d'une extension à la construction (loggia, pergola, piscine…), on s'assurera que le professionnel applique le DTU (Document Technique Unifié) du domaine dans lequel il travaille (DTU 31 structure, DTU 51 parements de sols, DTU 36-1 menuiserie, DTU 41-2 bardages en bois…). Pour toute personne voulant réaliser elle-même des ouvrages avec usage du bois, il est indispensable de consulter le guide Durabilité des ouvrages bois réalisé par le CTB afin de connaître les pratiques recommandées, à éviter et à proscrire.
Prix d'un traitement curatif contre les termites
En traitement curatif, deux grandes possibilités sont offertes, à prix à peu près égal (1 500 € à 3 000 € pour un pavillon de 120 m²) :
- soit un traitement de 3 à 4 jours environ par barrière chimique ;
- soit l'installation de pièges (4 heures pour l'installation, des visites périodiques et un traitement de 6 mois à quelques années, souvent à renouveler).
Le risque financier est donc important, d'autant qu'entre l'arrivée des termites et leur découverte, des bois ont pu être sérieusement dégradés : il faudra alors ajouter au traitement le remplacement des éléments atteints.
Mérule : la prévention avant tout
Pour ce qui est des mérules et autres champignons lignivores, il faut avant tout faire de la prévention :
- réparation des fuites et infiltrations d'eau (eaux pluviales notamment) ;
- assainissement et déshumidification des parties confinées ;
- éclairage et luminosité préservés, car les champignons se développent dans des lieux humides, mal ventilés et non assainis.
Les champignons ne se développent pas lorsque les locaux sont maintenus en dessous de 60 % d'humidité relative, qu'ils ne sont pas confinés (manque d'aération) ni plongés dans l'obscurité quasi permanente. Si le bien reste inhabité quelque temps, il est indispensable de s'assurer que l'humidité n'y stagne pas.
Prix d'un traitement curatif contre la mérule
Le traitement curatif de la mérule peut entraîner des frais très importants, sans commune mesure avec ceux d'un traitement termites. Il faut en effet non seulement procéder à des démontages pour déceler les traces de bleuissement, de moisissure et de prolifération, mais ensuite assainir les sites infestés, remplacer les bois atteints, installer une ventilation jusqu'alors défaillante, puis procéder à la rénovation esthétique. Le coût d'un traitement mérule se chiffre ainsi couramment en milliers, voire en dizaines de milliers d'euros pour une infestation étendue, le montant dépendant surtout de l'ampleur des démontages et des reprises de structure nécessaires. C'est pourquoi tout candidat à l'achat d'un bien dont l'état parasitaire signale de la mérule devrait exiger une expertise chiffrée avant de s'engager.
L'état parasitaire encadré par la norme NF P03-200
La norme NF P03-200, relative au constat de l'état parasitaire dans les immeubles bâtis et non bâtis et sur les ouvrages, fixe les conditions de réalisation de l'état parasitaire afin que la lutte contre la prolifération des mérules et autres champignons et moisissures soit menée de façon optimale. Elle complète la norme NF P03-201 relative à la détection des termites et autres insectes xylophages et insectes à larves xylophages (capricorne, vrillette, etc.).
Avec quelques précautions aussi bien à la construction que lors de la réalisation de tous les travaux, il est donc possible de prévenir les risques termites et mérule plutôt que de découvrir l'une ou l'autre infestation lors de la réalisation des diagnostics immobiliers obligatoires avant la vente. Toute opération curative est une baisse du prix de vente, un retard dans la transaction et parfois une cause de dépenses importantes pour la remise en état du bien : réfection des plâtres et enduits, remplacement de boiseries, parements et éléments de structure.
À lire aussi
- Expertise mérule : quand l’état parasitaire ne suffit plus L’état parasitaire recherche termites, insectes xylophages et champignons comme la mérule, mais uniquement sur...
- Risques termites et mérule, des différences notables Ce sont deux parasites du bois et de la construction qui peuvent entièrement ruiner une construction. Ce sont...
- Traitement termites et mérule : prix, prévention, quand traiter Face à l'extension des infestations par termites et à la prolifération des mérules, quelles mesures de prévent...