Le test d’inflitrométrie

Entrée en vigueur en début d’année, la RT 2012 définit les nouvelles normes et performances énergétiques des bâtiments certifiés « écologiques ». L’application de cette règle nécessite plusieurs suivis et tests préalables, parmi lesquels figure le test d’inflitrométrie.

 

L’inflitrométrie, une mesure de l’étanchéité à l’air du bâtiment

L’introduction du test d’inflitrométrie dans la procédure d’évaluation énergétique d’un bâtiment est indissociable de la Réglementation Thermique 2012. Cette nouvelle mesure d’encadrement relève d’un cran les exigences thermiques requises pour bénéficier du label BBC, récemment renommé label BePos. La RT 2012 s’attaque particulièrement aux ponts thermiques des bâtiments, ces micro-espaces par lesquels passent entre 30 et 40 % de la chaleur intérieure d’une résidence. Ces déperditions calorifiques nuisent logiquement au rendement thermique du système de chauffage et entraînent souvent une hausse notable des dépenses en énergie d’un foyer.

Le principe évoqué par la RT 2012 se veut simple, du moins en théorie : le seul moyen de limiter au maximum les ponts thermiques consiste à construire une habitation hautement étanche à l’air. Les dirigeants estiment que les progrès réalisés dans le domaine de la construction permettent d’atteindre cet objectif. La réalité sur le terrain est toute autre. Aussi performants soient-ils, les constructeurs peinent parfois à respecter les normes d’étanchéité à l’air d’un bâtiment. D’où la nécessité d’évaluer systématiquement le volume d’infiltration d’air d’une construction candidate au label BePos avec le test d’inflitrométrie.

Déroulement du test d’inflitrométrie

L’analyse d’interférométrie, plus souvent appelée test d’infiltrométrie, repose en grande partie sur un appareil : l’infiltromètre. Ce dispositif se compose d’une toile de nylon, d’un ventilateur et d’un manomètre. Le déroulement du test respecte une procédure clairement définie par la norme NF EN 13829, assortie du manuel d’application GA P80-784. Le contrôleur s’assure avant tout de fermer toutes les issues – portes, fenêtres, etc.- du bâtiment. Il installe par la suite la toile de nylon sur la porte d’entrée principale, l’objectif étant de bloquer complètement les infiltrations d’air à ce niveau. À l’aide du ventilateur, l’on injecte – ou aspire, selon les cas — de l’air pressurisé à l’intérieur du bâtiment. Ce procédé crée un différentiel de pression entre l’intérieur et l’extérieur de l’enveloppe. Le manomètre mesure par la suite l’indice de perméabilité à l’air de l’enceinte une fois que le dénivelé de pression entre les deux espaces atteint 4 Pa. Le résultat obtenu, rapporté à la surface de déperdition incluant mur et plafond donne déjà une certaine idée de l’étanchéité à l’air du bâtiment.

Portée du test d’inflitrométrie

Si les données recueillies n’atteignent pas les minimums prescrits par la RT2012, l’opérateur procède à la recherche des zones d’infiltration d’air sur l’enveloppe du bâtiment. Cette tâche implique l’utilisation de dispositifs comme une caméra thermique, un anémomètre à fil chaud ou un générateur de fumée. Une fois les ponts thermiques décelés, le diagnostiqueur dresse un état des lieux de la perméabilité à l’air du bâtiment. Le rapport préconise également les travaux d’amélioration nécessaires, si la performance de l’habitation n’atteint pas les normes de la RT2012. Les aménagements concernent souvent l’isolation extérieure ou intérieure, les jointures mur-plafond/mur-ouvertures. Le label BePos ne peut être délivré que si la résidence réussit son test d’inflitrométrie. Autrement dit, lorsque la construction présente un niveau d’étanchéité à l’air suffisamment élevé pour garantir un rendement énergétique optimal.

 

 

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