L’isolation gratuite qui peut coûter très cher!

Des travaux d’isolation à petit prix c’est possible grâce aux aides à la rénovation énergétique. Mais de nouvelles offres font désormais leur apparition, celles de travaux d’isolation gratuits grâce aux Certificats d’Économie d’Énergie (CEE). Ciblant principalement les copropriétés ces offres apparemment plus qu’alléchantes peuvent au final générer bien plus de frais que des travaux effectués classiquement. Zoom sur les CEE et sur les dangers cachés dans de nombreuses offres proposées en échange de travaux d’amélioration de la performance énergétique.

 

Les offres d’isolation gratuite

Elles viennent de faire leur apparition sur la place et suscitent déjà de nombreux commentaires rarement favorables. L’idée est d’acheter auprès des particuliers mais surtout des syndics de copropriétés les gains en économies d’énergie réalisés en faisant des travaux d’amélioration de la performance énergétique de l’immeuble. Une fois réalisés ces travaux représentent des kWh d’énergie économisée qui seront revendus à ceux qui en sont le plus friands : les distributeurs d’énergie en général qui sont tenus sous peine d’amende à réaliser une certaine quantité d’économies d’énergie chaque année sous l’obligation des CEE ou Certificats d’Économie d’Énergie.

Pour faire économiser des kWh d’énergie, les courtiers cherchent alors à faire effectuer des travaux simples dont le calorifugeage des tuyauteries négociés au prix le plus bas auprès de prestataires pas toujours très scrupuleux. Une fois ces travaux réalisés, les kWh économisés sont alors perçus par le client qui en reverse une part au courtier. Bien évidemment, la marge bénéficiaire du courtier est un pourcentage sur le montant des CEE perçus par le client moins le coût des travaux. C’est en fin de période (définie par le gouvernement pour réaliser les objectifs des CEE) que les fournisseurs d’énergie sont prêts à payer au plus cher le kWh économisé afin d’échapper à l’amende. Justement la prochaine échéance est au 1er janvier 2018, et pour certains, le temps presse…

 

Des retours d’expérience alarmants

L’UNARC alerte ses adhérents et le grand public sur ce type d’action où le plus souvent, les courtiers démarchent les syndics de copropriété pour leur proposer des travaux d’isolation gratuits. Comme les travaux sont gratuits, si le syndic ne perçoit pas de pourcentage sur ceux-ci, il peut au moins satisfaire les copropriétaires en vantant ses mérites à leur apporter une prestation gracieuse sensée de surcroît faire économiser de l’argent aux copropriétaires. En outre, comme aucune dépense n’est à faire par la copropriété, le syndic peut les faire effectuer sans accord préalable donc très rapidement.

C’est principalement sur le calorifugeage des tuyauteries (chauffage, eau chaude sanitaire) que portent ces travaux. Il s’agit d’une opération pas très pointue en apparence qui ne réclame pas de gros moyens techniques ni d’investissement financier important en matériaux, donc peu onéreuse. Mais une fois le calorifugeage effectué, certaines copropriétés ont eu la désagréable surprise de constater que ces travaux ont été faits en dépit du bon sens et parfois même en supprimant des dispositifs utiles et en bon état voire en dégradant la signalétique ou les supports des réseaux.

Au final, des travaux gratuits qui en imposent beaucoup d’autres et payants cette fois pour un simple retour à l’existant.

Les recours contre des travaux mal effectués ne se limitant bien souvent qu’à un remboursement, les opérateurs d’isolation gratuite n’ont aucun mal à les ‘rembourser’ !

 

Trop d’isolation inefficaces

Ce qu’il faut savoir en outre, c’est que pour pouvoir être validés en termes de travaux d’économie d’énergie et ouvrir droit aux CEE, les calorifugeages posés doivent être examinés par une entreprise réglementairement apte à ce contrôle.

C’est bien souvent là que tout se gâte quand l’entreprise relève que les isolants n’ont pas les performances suffisantes voire pire que les nouveaux calorifugeages n’atteignent même pas la performance des anciens. En ce cas, l’attribution des Certificats d’Économie d’Énergie n’étant pas débloquée, la copropriété ne perçoit aucun montant de CEE et doit parfois en plus faire effectuer la dépose des nouveaux calorifugeages avant d’en faire poser de nouveaux aux performances adaptées (mais correctement cette fois).

 

Pour mémoire, chaque opération ouvrant droit à la perception de CEE fait l’objet d’une fiche d’opération standardisée rédigée en collaboration avec l’ADEME. La fiche d’opération standardisée BAR-TH-115 : Isolation d’un réseau hydraulique de chauffage a été publiée au JO du 12 mars 2016 et définit les critères obligatoires à respecter ainsi que le nombre de kWh cumac obtenus pour le calcul du montant de CEE perçu. Cette fiche est disponible en téléchargement.

 

A savoir : L’unité de kWh cumac est une unité de quantité d’énergie CUMulée et ACtualisée (CUM AC). Cumulée car l’énergie économisée se cumule tout au long de la durée de vie du produit (chaudière, isolant, calorifugeage…) et actualisée en fonction de l’efficacité du produit au regard des performances croissantes des produits de même emploi tout au long de cette durée de vie. Par exemple, une chaudière qui était de dernière génération il y a 5 ans est désormais moins économique que la toute dernière version donc sa quantité d’énergie actualisée décroît avec le temps.

 

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